Céline Minard

Editions Rivages, août 2016, 192 p., 18 €

grand jeu minard4e de couv. :

Installée dans un refuge high-tech accroché à une paroi d’un massif montagneux, une femme s'isole de ses semblables pour tenter de répondre à une question simple : comment vivre ?

Outre la solitude, elle s’impose un entraînement physique et spirituel intense fait de longues marches, d’activités de survie, de slackline, de musique et de la rédaction d’un journal de bord.

Saura-t-elle « comment vivre » après s’être mise à l’épreuve de conditions extrêmes, de la nature immuable des temps géologiques, de la brutalité des éléments ? C’est dans l’espoir d’une réponse qu’elle s’est volontairement préparée, qu’elle a tout prévu.

Tout, sauf la présence, sur ces montagnes désolées, d’une ermite, surgie de la roche et du vent, qui bouleversera ses plans et changera ses résolutions...

Avec son style acéré, Céline Minard nous offre un texte magnifique sur les jeux et les enjeux d'une solitude volontaire confrontée à l’épreuve des éléments.

Ma chronique :

Une femme seule décide de participer à une expérience. Une sorte de défi intérieur. « Je dois savoir si la détresse est une situation, un état du corps ou d’un état d’esprit ».

Le lecteur se retrouve face à un paradoxe : la narratrice qui s’est volontairement coupée du monde cherche à reproduire des actes, des attitudes et des choses quotidiennes tout en cherchant à garder le contrôle sur tout. Pas de laissé aller de lâché prise.

C’est très scientifique, mesuré et carré dans la façon dont les choses sont présentées, c’est presque une question de survie mentale.

L’habitat n’est pas un simple chalet, c’est une structure avec des formes particulières, ultramoderne, technique, et respectueuse de l’environnement.

On est dans le rationnel et dans le maintenant.

Tout est réfléchi, observé, scruté, analysé et le conscient.

En même temps, on sent que le passé plus ou moins récent ne la laisse pas tranquille.

On a la notion de poids et de pression qui représente des menaces. Elle est constamment sur le qui vive. Toujours l’œil aux aguets. Elle décortique chacun de ses gestes, les descriptions sont presque « cliniques ». Elle met en place des pitons, des cordes, repère les chemins pour se déplacer (évacuer les lieux ) avant l’arrivée du froid et de l’hiver qui lui feront perdre ses repères. L’habitation, les sanitaires séparés, le potager, la rivière pour laver le linge et pêcher, couper le bois, rien ne dépasse, pas de place au hasard.

Une fois qu’elle a tout « ancré au sol », elle va prendre en compte le vent et cce qu’il transporte. On passe ainsi de la terre à l’air en passant par l’eau.

Le vent représente les pensées insaisissables. Le travail d’écriture reflète cette ambiance très particulière. Le rythme des phrases est cadencé, séquencé.

Il n’y a pas de fioriture, c’est un texte épuré, tiré au cordeau. Un beau travail sur la maîtrise du langage.

Je vous laisse découvrir ce que la rencontre « d’une » ermite dans la montagne, le contraste et les conséquences sur les données de départ.

Cette lecture est une expérience pour le lecteur qui risque de passer à côté et d’être déstabilisé.

Par exemple : le fait que l’habitation soit présentée comme une matrice intérieure et qu’en même temps, elle soit au dessus du vide, cela m’a troublée. Est-ce une femme nouvelle qui va renaître à la fin de l’expérience ?

J’ai passé beaucoup de temps à me demandé « pourquoi ? », à vouloir chercher un sens caché.

Le personnage est trop loin de moi pour que je ressente de l’empathie et/ou m’identifie un peu. J’ai l’impression d’être un peu passée à côté des raisons profondes qui l’on emmener à réaliser cette expérience.

Je n’ai pu m’empêcher à Robinson Crusoé pour certaines choses. Lui aussi a dû reconstruire un monde tel qu’il le connaissait pour survivre. La différence tiens surtout au fait qu’elle est volontairement coupée les ponts avec la société.

J’ai lu ce roman dans le cadre du « cercle littéraire » que j’anime à la médiathèque. C’est un livre qu’on venait de recevoir. J’en avais entendu parler dans les médias, j’avais écouté sur France Culture 1h d’extraits et lors d’une présentation faite par des libraires j’avais fini par être convaincue que je devais lire ce livre. Je suis contente d’avoir mon propre ressenti. Je ne lirais pas dans l’immédiat un autre roman de cette auteure un jour peut-être.

Qui en parle ?

Les petits carnet secrets du panda

N'hésitez pas à mettre vos liens en commentaire je suis courieuse de voir ce que chacun a ressenti. car c'est un livre très fort.

Capturer% rentrée 2016