Arto Paasilinna

Trad. : Anne Colin du Terrail

Editions Denoël, coll. Denoël & Ailleurs, 3 oct. 2016, 232 p., 20,90 €

 

Mes lectures Denoël

 

B266694e de couv. :

Volomari Volotinen a deux passions dans la vie : son épouse, Laura, et les antiquités. Le père de Volomari consacrait déjà son temps libre à amasser des vieilleries (qu’il conservait avec une ferveur quasi obsessionnelle) jusqu’au jour où ses trésors partirent en fumée lors d'un incendie qui détruisit le domicile familial. Ce jour-là, Volomari s’est juré de devenir à son tour collectionneur, à ceci près que ses trouvailles seront bien plus rares et précieuses que les antiquailles paternelles.
De voyages en Laponie en expéditions archéologiques, il va constituer une collection très particulière. D’une touffe de poils pubiens préhistorique à un canon (chargé) de la dernière guerre, du véritable slip de Tarzan au dentier d’un vénérable maréchal en passant par une authentique clavicule du Christ datée de 700 apr. J.-C. (!), toutes les époques sont revisitées par ce roman, véritable apologie des collectionneurs en tout genre et, somme toute, de la vie!

 

Mon Billet :

J’ai découvert l’écriture de Arto Paasilinna comme beaucoup de lecteur grâce au « Lièvre de Vataneen » qui en a laissé plus d’un dubitatif, moi j’ai succombé à l’univers complètement loufoque de l’auteur.  Cela ne signifie pas que ce soit toujours « génial ».  Dans le roman qui nous préoccupe aujourd’hui  on a des hauts et des bas, je le classe dans la catégorie « récréation » car on ne peut pas faire un livre avec un gag à chaque chapitre, forcément il va y en avoir auxquels on ne va pas du tout adhérer et d’autre que l’on va adorer.

Arto Paasilinna aborde des sujets sérieux dans ce roman mais c’est tellement enrobé d’un je ne sais quoi d’extravagant que cela passe au second plan. Il nous parle de son pays la Finlande avec ses paradoxes, son histoire et sa géographie. L’histoire débute par deux ou trois chapitres qui tournent autour de la seconde guerre mondiale et de l’alliance avec l’Allemagne // et ses relations avec la Suède. Mais la plus grande partie de l’histoire va se situer entre 1962-1974. Le personnage principal est  Volomari  Volotinen, il est parfois accompagné de Laure son épouse, les autres personnages sont des gens de passage plus ou moins lié à l’objet.

J’ai sauté à pied joint dans ce nouveau roman au titre à rallonge qui évoque un véritable inventaire de bric à brac. Au cas où vous auriez un doute la couverture du livre renforce cette idée. Le côté kitsch  et décalé n’augure rien de très conventionnel, c’est plutôt un pâle reflet de l’imagination débordante de cet auteur finlandais.

Chaque chapitre est travaillé comme une nouvelle, mais comme il s'agit d'un roman il faut lire dans l'ordre. A chaque fois (ou presque) on voit Volotinen qui acquiert un objet avec une histoire particulière. Je ne saurais dire si à la base les personnages historiques cités existent (certains oui). –on rejoint là une nouvelle fois la thématique vérité/fiction où est la frontière. Thématique qui semble me poursuivre ces derniers temps lecture à après lecture-. En tout cas les anecdotes et les objets nous sont présentés de manière extraordinaire comme si Volomari  Volotinen semble les attirer.

Notre héros décide donc de se créer une sorte de cabinet des curiosités ou « une histoire familiale par procuration » (voir chapitre 1). Même son épouse est beaucoup plus âgée (+20 ans) que lui et recèle une histoire très spéciale. Ils s’aiment et elle va le suivre dans plusieurs de ses déplacements et aventures. Car chaque acquisition est réalisée suite à une rencontre plus ou moins improbable ou une situation rocambolesque. Il travaille dans une compagnie d’assurance, il est juriste au département des « sinistres », il est donc souvent sur les routes.

Chaque chapitre se compose d’une situation plus ou moins cocasse avec des réflexions sur la société et les gens avec l’humour acéré d’Arto Paasilinna puis se termine par une chute. L’alcool est presque omniprésent souvent en excès même s’il est sous contrôle d’Etat !

Il nous parle de lieux que je ne connais pas car on ne peut pas dire que la Finlande soit mise en avant dans les programmes scolaires ni que ce soit une destination touristique. Les noms ont un charme exotique des pays du Nord pour la méditerranéenne que je suis.  Cela contribue à me faire penser qu’Arto Paasilinna a son univers très personnel. Je ne retiens aucun nom de lieu ni de personnage mais je me laisse emporter par le récit.

C’est une belle lecture pour jour morose. Cela tombe bien en ce moment il pleut un jour sur deux.

Je remercie les Editions Denoël pour leur confiance.

Denoel

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