Antonio Manzini

Folio, coll. Folio Policier,  fév. 2016, 293 p., 7,10 €

Traduit de l’italien par Samuel  Sfez

 

Mes lectures Folio

piste noire folioMoyenne

4e de couv. :

Macho, bougon, mal embouché, odieux… tels sont quelques-uns des termes le plus souvent utilisés pour décrire le sous-préfet Rocco Schiavone. Autant dire que, lorsqu’il doit enquêter dans une petite station de sports d’hiver du val d’Aoste, son humeur ne s’améliore guère. Il n’aime pas le froid, ses Clarks résistent mal à la neige et il a les pieds mouillés! Pourtant le cadavre d’un homme écrasé sous une dameuse sur une piste de ski va l’obliger à passer quelques jours à la montagne…

 

Mon billet :

Le sous-préfet Rocco Schiavonne vit à Aoste. Il y tient à son titre « il n’y a plus de commissaire en Italie » c’est comme un contrepoint car rien ne change vraiment en Italie !

Dans ce premier épisode, on met l’accent sur ses relations désastreuses avec son équipe de bras cassés, de branquignoles…  Il n’est pas tendre avec ses subordonnés notamment « d’Intino et Deruta » sorte de Laurel et Hardy caricaturaux.

Il est depuis quatre mois dans une région qu’il exècre et qu’il ne cherche pas à connaître. Il n’a pas de point de repère ni de relations, il ne cherche pas à s’intégrer comme pour mieux se dire que ce n’est qu’un mauvais moment à passer, que cela ne peux pas durer ! Tout est froid et moche à Aoste, contrairement à Rome. Comme s’il ne voulait pas se poser vraiment et seulement être de passage. Cet écartèlement se retrouve sur plusieurs facettes du personnage.

Tout le monde est bête comme ses pieds. C’est justement cela il a du mal à trouver chaussure à son pied. Il s’obstine à porter ses Clark par tous les temps. Il a un pied encore à Rome et un à Aoste se qui lui donne un aspect écartelé. Les pieds représentent aussi ses racines. Ses collaborateurs non seulement lui cassent les pieds au figuré mais aussi au sens propre. D’Intino lui a fait tomber  un tiroir sur l’ongle de son gros orteil. Du coup il semble avoir le regard constamment rivé à ses pieds.

Dernièrement on me parlait de musique dans les polars, nous avons ici quelques moments où les personnages chantonnent des chansons de la variété italienne, j’ai ainsi découvert Ligabue, ça nous met dans l’ambiance.

Ceux qui me suivent ont remarqué que je m’intéresse aux thématiques que les auteurs développent. Ici bien sûr ici le titre va jouer un rôle dans mon « accroche ». Le mot « piste » qui renvoi à la piste de ski et à l’enquête ne va pas très loin, quand au mot « noir » va jouer son rôle de déclencheur et bien évidemment on va retrouver  cette couleur  associé au tissu, aux vêtements (indissociable du deuil) au ciel, aux yeux, à la peau, aux cheveux, neige, chien… ce fut l’occasion de découvrir le mot « fuligineux » noirâtre comme la suie.

J’ai aussi noté toute une thématique sur la « bouche ». Rocco semble faire une fixette sur la bouche de ses subordonnés, même le mort a quelque chose dans la bouche… on en vient au message et à la différence de langage. De la découle un problème de communication verbale. Sans parler du langage assez cru qu’il emploi. Le bouche à oreille. Confidence et confession.Tout semble lié.

Dans ce roman nous avons tout ce qui tourne autour de Rocco qui reviendra dans les autres romans. Mais, bien sûr il ya l’enquête en cours. Elle nous permet de découvrir un lieu, la Montagne, un microcosme, la station de ski où a eu lieu le drame. On est vite dans une sorte de huis clos.

J'aime bien sa petite manie de voir les gens comme avec un filtre en jouant àavec la zoomorphie, chaque visage lui rappelle un animal et ses caractéristiques.

On va aussi découvrir que Rocco n’est pas "clean" du tout et qu’il a sa propre conception de la justice.

C’est le deuxième roman de la série que je lis et je me suis rendu compte que les deux histoires avaient été traduites par deux personnes différentes, mais cela ne se remarque pas.

Maintenant que j’ai lu les deux premiers épisodes me voilà frustrée en attendant la publication d’une autre enquête…

Je remercie Folio pour cette lecture.

folio policier 16

Du même auteur :

froid comme la mort