Florence Hinckel

Editions Syros/Nathan, 28 août 2015, 400 p., 16,90 €

ISBN : 9782092556153

 

La rentrée chez Syros

Evénement rentrée littéraire 2015 une coédition Syros/Nathan

 

yannis

Anecdote :

Voulez-vous découvrir en avant première un événement littéraire de la rentrée ? 4 romans, 4 personnages, 4 histoires,  4 auteurs et deux maisons d’éditions réunis autour d’une même aventure.  Ouiii… fut ma réponse !

Me voilà embarquée dans du post apo jeunesse.

Les quatre histoires se lisent indépendamment chaque personnage aura sa fin. Pour l’instant je n’ai reçu que les deux romans des éditions Syros. Dilemme par lequel commencer ? J’aime l’écriture des deux auteurs, les deux livres font 400 pages… plouf plouf et saute dans l’eau…

 

Je commence par « .Yannis », car j’avais été touchée par « #bleue » un précédent roman de Florence Hinckel…

 

4 e de couv. :

Cela fait dix jours que le virus U4 accomplit ses ravages.

Plus de 90% de la population mondiale ont été décimés.

Les seuls survivants sont des adolescents.

L’électricité et l’eau potable commencent à manquer,

Tous les réseaux de communication s’éteignent.

Dans ce monde dévasté, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane

Se rendent, sans se connaître, à un même rendez-vous.

Parviendront-ils à survivre, et pourront-ils changer le cours des choses ?

 

Ma chronique :

Vous avez vu les couvertures comme elles sont belles. Ces gros plans sur le visage de chaque personnage avec leur regard intense. Ce n'est pas une photo anthropométrique et pourtant c'est un peu l'idée ... Cela rappelle les affiches dans la narration...

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai commencé par cette histoire, mais j’aime beaucoup le personnage de Yannis. Peut-être que cela me fera le même effet avec chaque personnage. Je ne les ai découvert qu’à travers le regard de Yannis et la plume de Florence Hinckel. Chaque auteur va développer son personnage et comme on découvre l’histoire à travers le regard de chaque protagoniste, Yannis sera perçu différemment… J’ai à peine commencé que de  nombreuses questions affleure mon esprit…

Yannis me plaît, car il est solaire, il est touchant dans son  approche du problème. Il est très sensible, à la fois fragile et fort. Dans un premier temps il se réfugie dans son personnage virtuel du jeu Warriors of time (WOT). Son imaginaire est tel qu’il va être accompagné de fantômes  tout au long de sa quête. Il est attentif aux autres, il est très ouvert. Il accorde facilement sa confiance ce qui lui permet de faire des rencontres décisives. Il est un élément central qui entraîne les autres.

Yannis est un rêveur, un idéaliste. Il croit au message de Khronos, mais dans l’éventualité d’un échec il aimerait que les survivants reconstruisent un monde nouveau. La violence qu’il voit autour de lui le blesse. L’injustice le révolte.

Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est la fluidité de la narration avec des dates comme repère, comme un compte à rebours. Plus on approche du 24 décembre plus la pression monte. Y aura-t-il un après 24 décembre et lequel ?

Lorsque je débutais ce roman, je remarquai la présence d’une thématique qui m’est chère, celle de l’eau. Cet élément va être comme un fil rouge, du moins pour moi il ponctue le récit. De la mer Méditerranée puisque l’histoire débute à Marseille, on va remonter le Rhône à partir de la région lyonnaise, puis la seine… On à l’impression de remonter à la source. L’eau est parfois souterraine, parfois sale (égouts), souvent absente puisqu’il n’y  a plus d’eau courante, elle apporte l’énergie (force motrice qui remplace l’électricité chez Elissa), l’eau des larmes, la pluie ou la neige purificatrice.

Dans ce voyage initiatique, j’ai trouvé qu’il y avait une idée de renaissance avec des cavités humides… Yannis n’est plus l’enfant qu’il était, il va se découvrir.

L’intrigue est bien menée avec de nombreux rebondissements. Nous ne sommes pas dans une vision angélique, d’entrée la mort, la violence, la cruauté et la manipulation viennent donner le ton. Le retour à une certaine animalité, à l’instinct de survie et la lutte vont être des moteurs. On retrouve des thématiques de la littérature post apo. On a l’impression que cela peut avoir lieu demain avec tous ces virus qui font la une des journaux.

Il n’est plus question de jeu virtuel, ils vont devoir tout faire pour survivre, et se dépasser…

Ce qui m’a marqué c’est ce besoin d’enterrer ses morts au-delà du côté sanitaire, pour pouvoir avancer. Il doivent survivre et pourtant le travail de deuil doit se faire.

La liberté est une question importante pour Yannis, il veut rester indépendant et maître de son destin. La solitude  reste une angoisse permanent. Ils ont tous besoin de se raccrocher à quelqu’un. On découvre l’effet de groupe, de regroupement, entre gangs et communautés des organisations se mettent en place. La famille est détruite et pourtant présente par les bases qu’elle a données à chaque personnage.

J’ai été surprise par la fin, je ne m’y attendais pas… je vous laisse la découvrir… C’est bien aussi de ce laisser surprendre par le choix d’un auteur…

C’est un livre que j’ai lu par petites touches, puis une nuit je ne l’ai plus lâché… le silence et la tranquillité de la nuit se prêtait à cette lecture avec le couvre feu et les expéditions nocturnes des personnages… j’ai laissé une vingtaine de pages en suspens pour les apprécier reposée…

Maintenant je n’ai qu’une hâte c’est découvrir les autres histoires… Car on veut connaître les autres points de vue… Donc un conseil, prévoyez de lire les quatre romans à la suite !

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

A bientôt pour les autres titres de U4.

syros 2

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koridwen Jules Stephan

 

 

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