Valérie Tordjman

Le passage, 2013, 158 p.

LU DANS LE CADRE DE LA VOIE DES INDES 2013 / LE PASSAGE

valises

4 e couv :

Il y a Lou, Ric et Phil ; et puis il y a la DS paternelle, de Gaulle et l'attentat du Petit-Clamart, l'ORTF, Woodstock, le premier homme qui a marché sur la Lune... Pour ces gosses des sixties, les dimanches après-midi en famille, c'est western en noir et blanc ou en Technicolor : paysages grandioses, attaques de Peaux-Rouges, roulés-boulés d'herbes sèches qui traversent l'écran en essaimant leurs petites graines de celluloïd. Parfois, c'est la Mer de sable d'Ermenonville : Far-West et guerre de Sécession. D'autres fois, c'est safari-voiture : direction Thoiry pour voir les animaux sauvages ; ou encore Orly pour compter les Caravelle et s'enivrer des effluves de kérosène - il faut dire qu'à Orly tous les avions décollent pour l'Amérique... Ah, l'Amérique ! c'est le grand rêve de leur père - leur rêve à tous les trois. Jusqu'au soir où le grand voyage se précise, ils sont prêts les kids ; et ils y croient dur comme fer à l'Amérique de papa...

 

Ma Chronique :

J’ai lu ce roman dans le cadre de l’opération « la voie des indés 2013 ».

C’est un roman en deux parties bien différentes.

Dans chaque section de petits chapitres et le style de Valérie Tordjman. Parfois son écriture se fait elliptique voir. Parfois par de simples énumérations elle crée un éventail d’image.

Tout d’abord la parole est donnée à « Lou », la sœur.

Il s’agit de l’évocation du père et de l’enfance de deux frères et une sœur.

A bord de l’emblème de la France de De Gaulle, la DS nous vivons le fantasme d’une Amérique de carton pâte, celle des westerns et des tumbleweeds.

La narration est émaillée de vocables anglais et de citations de films.

Nous avons un diaporama de la France de 1969-1971, les marques, les innovations, le quotidien des français.

Valérie Tordjman à l’art de raconter en quelques mots l’héritage collectif. Elle raconte ce que les moins de 40 ans ne peuvent pas comprendre. Pour moi qui ais connu les années 70, j’avais l’impression de me retrouver en terrain connus.

Dans la deuxième phase « les garçons » sont les narrateurs.

Je n’ai pas complètement adhéré à cette partie narration. C’est la voix des adultes.

J’ai réalisé tout à coup que j’étais dans l’univers de Valérie Tordjman dont je n’ai lu que « l’enchantement des lucioles »  pourtant à cet instant des images, des souvenirs ont refait surface…

Valérie Tordjman s’interroge à travers ses personnages sur la transmission familiale et l’influence des parents sur la vie de leurs enfants, mais aussi sur la mémoire et les souvenirs. Les rêves des parents influencent l’avenir de leurs enfants.

Elle pose des questions sur la place de l’artiste et le travail du photographe. La photographie qui n’est pas un simple reflet de la réalité et de la société. Elle retrace aussi une histoire de la photographie depuis le polaroïd à l’ère numérique.

Du cinéma aux séries TV, l’image  tient une grande place dans cette histoire.

Jusqu’au bout Valérie Tordjman tisse  des ponts aériens entre l’Amérique et la France.

Une touche d’histoire de la sexualité et autres sextoys. Ce que j’ai aimé sur ce passage c’est comment le thème a été amené. Un subtil jeu de mot entre un objet et le sujet.

Nous vivons dans une société de l’image et des apparences.

Je remercie Libfly et les éditions du passage pour cette lecture qui engendre des questionnements intéressants.

 

indés 2013

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challe100

68/100

 

 A bientôt pour une autre chronique...