E-E schmitt

1995, 179 p.

LU DANS LE CADRE DU CHALLENGE E-E SCHMITT

golden-joe

 

4 e de couv :

Etre ou ne pas être, Golden Joe ne s'est jamais posé la question. Avoir est son maître mot ; posséder sa seule préoccupation. Héritier d'un empire financier de la City londonienne, élevé au royaume du matérialisme intégral, il a le dollar pour credo, le profit pour raison d'être.

Pourtant, l'apparition spectrale de son père défunt sur l'écran de son ordinateur va bousculer sa belle assurance de machine à fabriquer de l'or. Tandis qu'il découvre les menées criminelles qui agitent sa famille, il s'aperçoit que l'homme n'est pas un robot dénué de sentiments.

Il n'avait jamais pensé qu'on pût aimer, souffrir, rire ou pleurer. Il comprend enfin qu'il y a quelque chose de pourri au royaume du capitalisme.

Survivra-t-il à cette révélation ? S'humanisera-t-il ? Cela vaut-il la peine de devenir humain ?

 

Ma chronique :

E-E Schmitt dit de cette pièce que c’est sa pièce la plus pessimiste. Je suis d’accord avec lui.

On a beaucoup de références à Hamlet de Shakespeare.

Il y a même des similitudes avec certains noms : Fortinbras devient Fortin & Brass, Rosencrantz & Guidenstern deviennent Rosen & Guilden. D’autres personnages ont une équivalence dans leur représentation Arthur/Horatio, Archibald/ Claudius, Meg/Gertrude…

E-E Schmitt a ancré son histoire dans les années 80-90, l’époque des Golden boys, de la réussite de la bourse.

Dans cette pièce on retrouve l’univers de E-E Schmitt, jusqu’à la petite touche musicale, ici elle apparaît lorsque les deux jeunes gens veulent se parler d’amour. Drôle de dialogue amoureux, puisqu’il est surtout question de dépenser l’argent gagné juste avant sans faire de sentiments.

Quand aux dialogues on a souvent l’impression de retrouver le style de E-E Schmitt, un peu comme des dialogues platoniciens, un enchaînement d’idées que l’on suit mais que je suis incapable à la sortie de redire alors qu’ils me semblent logiques et convainquant lorsqu’ils se déroulent devant mes yeux.

Le suicide est un questionnement récurrent chez E-E Schmitt. Ici on a Cecily en belle Ophélie qui file sous les ponts couverte de guirlandes de lumière, au lieu de fleurs… comme Ophélie elle n’a pu supporter la mort de son père causée involontairement pas Joe / Hamlet.

Golden Joe tel Hamlet va simuler la folie mais comme dans la pièce de Shakespeare on doute parfois et on se demande dans quelle mesure il n'a pas basculé.

Golden Joe va faire l’apprentissage des cinq sens en commençant par l’odorat, il est incommodé par de mauvaises odeurs. Puis il va apprendre à voir des corps humains en vivant auprès des clochards, c’est presque du toucher puisqu’il n’est plus dans le côté abstrait des ordinateurs et des chiffres… L’ouïe c’est en entendant le chant de Cecily qu’il va réaliser que quelque chose ne va pas.

La chute finale est intéressante.

C'est une pièce de théâtre donne un point de vue sur la richesse et la pauvreté. Elle est toujours d’actualité… malheureusement…

A bientôt pour rendre la monnaie de sa pièce ...

 

Challenge schmitt_ee

challe100

05/100