Grégoire Delacourt

2012, 186 p.

LU DANS LE CADRE D'UN PARTENARIAT LIVR@DDICT / JC LATTES

 

Il y a des livres qui arrivent entre vos mains au bon moment. C’est le cas de ce roman. Sans vouloir lui mettre une étiquette il fait des livres qui font du bien.

Dès que j’ai vu le titre, je me suis dit qu’il était pour moi. J’adore faire des listes alors j’étais curieuse de voir celles de ce personnage féminin.

Grégoire Delacourt a su entrer dans cet univers féminin. Un petit cocon où les femmes font un petit nid douillet. Le monde de la mercerie, de la confection permet de tisser des liens entre les gens et les chapitres courts. On suit un fil, parfois il se coupe et la couturière fait un nœud pour renouer avec la vie. La thématique est sans fin mais l’auteur n’en abuse pas, ça passe presque inaperçu.

Jocelyne qui cache les accros de la vie avec des broderies, mais elle sait ce qu’il y a dessous.

C’est un personnage sympathique avec qui on entre en empathie facilement. Elle est simple et sans être totalement naïve elle a décidé de voir que les belles choses de la vie quotidienne. C’est sa façon à elle de vivre avec ses fêlures.

On s’interroge avec elle, on comprend ses doutes et on s’identifie assez facilement avec elle.

Le fait que tout allait pour le mieux dans sa vie économique permet d’envisager le refus du chèque.

J’ai beaucoup aimé l’introduction des mails pour clore l’histoire. La création du blog est dans l’air du temps. Avez-vous tapoté le nom du site ? Oui je l’ai fait, Jo  à l’air tellement vrai ! Non le blog n’a pas été créé !

Dans ce roman on a une mise en abîme avec « La belle du seigneur » d’Albert Cohen. Il fait partie intégrante de Jocelyne… Jocelyn cherchera à décrypter ce que sa femme a pu y trouver.

Il y a la présence des « mots », car comme dit une des jumelles on a besoin d’ « âme ».

Les personnages secondaires sont très divers et étoffent l’histoire. Les personnages masculins sont quand à eux plus négatifs : le père bloqué après son AVC, Romain complètement perdu, Jocelyn et sa part de méchanceté.

Certains trouverons que c’est un roman sur les riens de la vie, sur l’attente d’une petite femme de province, de la France d’en bas, de la France du jt de 13h… sur le sentiment de solidarité qu’on essai d’insuffler chez les petites gens en ce temps de crise… sauf  que si vous regardez autour de vous des petits cercles existent.

Un roman qui me parle au creux de l’oreille… c’est peut-être aussi une question d’âge et pas seulement de géographie et de sociologie…

Merci à Livr@ddict et les Edition JC Lattès pour cette belle découverte.

NB : "La belle du Seigneur" d'Albert Cohen est dans mes étagères... je n'ai lu aucun roman de cet auteur... un jour peut-être.

Interview de l'auteur : clic